Un assureur américain offre des bracelets connectés pour inciter ses adhérents à rester en forme

Aux Etats-Unis, la startup Oscar Health, nouvelle venue sur le marché de l’assurance santé, a conclu un partenariat avec le fabriquant de bracelets connectés Misfit. Chaque client de l’assureur américain se verra offrir le bracelet de quantified self Misfit Flash et la possibilité de gagner jusqu’à 20 $ par mois en bon d’achat sur le site de vente en ligne Amazon.com s’il dépasse ses objectifs.

Une application pour fixer des objectifs quotidiens et un bracelet pour mesurer son activité

A compter de janvier 2015, tous les clients de l’assureur américain Oscar peuvent recevoir gratuitement le bracelet connecté Misfit Flash (d’une valeur d’environ $ 50) et télécharger l’application Oscar Health, qui se synchronisera automatiquement avec les données du bracelet.

Bracelets connectés de quantified self Misfit Flash offerts par l'assurance santé Oscar

 

Chaque jour, l’algorithme de l’application déterminera un objectif de nombre de pas à faire en fonction du profil de l’assuré, sur la base de ses propres données de santé. Cet objectif pourra être relativement faible au début du programme (2000 pas par jour), mais sera amené progressivement au niveau que les professionnels de santé estiment nécessaire pour avoir un impact positif réel sur la santé (entre 7 000 et 10 000 pas par jour selon les explications du co-fondateur d’Oscar, Mario Schlosser).

Un programme d’incitation pour encourager l’activité physique

Si l’assuré dépasse l’objectif de la journée, il reçoit un crédit de 1$ (avec un plafond de 20$ par mois, soit 240 $ par an). Lorsqu’il atteint un crédit total de 20 $, il gagne un bon d’achat à valoir sur le site de commerce en ligne Amazon.com.

L’objectif affiché : inciter les gens à faire plus d’exercice grâce à la perspective d’une récompense. C’est donc une démarche de bonus qu’Oscar veut mettre en avant. Mario Schlosser reprend d’ailleurs le parallèle de l’assurance-auto pour expliquer la logique de son initiative, tout en excluant de mettre en place un quelconque malus.

Pour l’assureur, les objets connectés devraient permettre ainsi de faire baisser globalement le coût de la santé en incitant les utilisateurs à adopter une hygiène de vie plus saine et en fournissant aux professionnels de santé des informations de santé complémentaires.

Ces programmes soulèvent cependant de nombreuses questions : permettent-ils vraiment d’amener les utilisateurs à modifier leur comportement ? Sommes-nous prêts à partager des données reflétant notre mode de vie ? S’agissant du service proposé par Oscar, comment sont déterminés les objectifs « personnalisés » par l’algorithme du logiciel ? Plus largement, ne remettent-ils pas en cause le principe même d’assurance, basé sur la mutualisation des risques ?

Des programmes d’incitation qui restent à inventer … et des limites à fixer

Certaines recherches en économie comportementale semblent venir tempérer les espoirs liés à ce type de programme. Leur impact dépend beaucoup du profil des destinataires et ils pourraient n’avoir qu’une portée limitée si les personnes qui l’adoptent sont majoritairement des personnes jeunes, en bonne santé et soucieuses de le rester.

Cité par le magasine Wired, Kevin Volpp, le directeur du Center for Health Incentives and Behavioral Economics de l’Université de Pennsylvanie, précise que pour les assurés les moins actifs – et donc pour qui le potentiel serait pourtant le plus grand – l’effort à fournir pour atteindre l’objectif risque d’être trop élevé par rapport à l’incitation de 1$ par jour. Or, le véritable enjeu est d’aider les personnes les moins actives à augmenter leur activité physique pour rester en bonne santé.

L’intérêt essentiel de l’utilisation des objets connectés serait-il alors dans la collecte de données ? Pour l’heure, l’utilisation qui en sera faite n’est pas clairement précisée. L’assureur Oscar s’engage à ne pas les exploiter en interne et à les transmettre uniquement aux professionnels de santé pour améliorer la qualité des soins. Il ne serait donc pas question de moduler les primes d’assurance en fonction de l’activité physique de l’assuré. Mais les assurés sont-ils prêts à partager des données sur leur mode de vie avec leur assurance santé, beaucoup moins régulée aux Etats-Unis qu’en France ?

Aujourd’hui, un autre assureur, Pact Health, est déjà allé plus loin et propose depuis le mois de décembre une offre permettant de moduler sa franchise en fonction de son assiduité à la salle de gym. La voie est donc ouverte…

Un moyen de se différencier par un portefeuille de services innovants

Pour Oscar, ce partenariat permettrait surtout, pour l’heure, de se différencier de ses concurrents dans le cadre de l’Affordable Care Act (la réforme « Obamacare »), et de se présenter comme un acteur innovant sur le marché de l’assurance santé, centrée sur l’expérience utilisateur positive et un engagement fort de ses membres.

L’assureur propose par exemple sur son application un bouton permettant d’entrer en contact avec un médecin dans les 7 minutes. Lancé à New-York en juillet 2013 et étendu au New-Jersey en novembre 2014, Oscar envisage de couvrir la Californie et le Texas d’ici fin 2015.

Sources: Forbes, Gigaom, Wired

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