Des chaussettes connectées pour prévenir les complications liées au diabète

Des chercheurs de l’institut allemand Fraunhofer ISC ont mis au point des chaussettes connectées pour prévenir certaines complications liées au diabète. Bardées de capteurs, elles détectent les zones de pression excessive susceptibles d’entraîner des lésions et avertissent l’utilisateur via une application mobile qu’il est temps de changer de position.

Des complications graves qui pourraient être évitées

Les hyperglycémies répétées peuvent provoquer chez le patient diabétique une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins. Il en résulte une diminution de la sensibilité au niveau des pieds et un retard dans la cicatrisation des plaies. Un patient peut donc voir une petite blessure provoquer des complications graves, pouvant aller jusqu’à l’amputation. 10% des diabétiques seraient concernés, et près de 10 000 amputations seraient imputables au diabète chaque année en France.

Un grand nombre d’entre elles pourraient cependant être évitées grâce à des mesures de prévention et un diagnostic précoce permettant de traiter le patient à temps. Cette prévention passe d’abord par une surveillance des pieds (contrôles visuels réguliers, hygiène rigoureuse, chaussures adaptées et soins appropriés à la moindre blessure). Mais le développement des capteurs et textiles connectés pourraient apporter de nouvelles solutions pour aider les patients.

Des chaussettes connectées au service de la prévention

Des chercheurs allemands de la Fraunhofer-Gesellschaft, un réseau d’instituts allemands spécialisés dans la recherche en sciences appliquées, ont mis au point des chaussettes connectées pour prévenir certaines complications liées au diabète avant qu’elles n’apparaissent. Les capteurs dont elles sont équipées permettraient en effet de détecter les zones de pression excessive à l’origine de lésions.

Au total, ce sont 40 capteurs intégrés qui viendront prendre le relais des nerfs endommagés des patients pour mesurer les zones de compression et la répartition des forces appliquées sur la plante des pieds. Lorsqu’un excès de pression est détecté, une alerte est transmise à une application sur mobile ou tablette, indiquant à l’utilisateur qu’un changement de position est nécessaire.

Pour le Dr. Bernhard Brunner, chercheur à l’institut Fraunhofer ISC, l’un des avantages de ces chaussettes connectées est qu’elles intègrent des capteurs non seulement sous la voûte plantaire mais aussi sur le talon, la cheville et sur le dessus du pied. Elles fournissent ainsi une « vue en 3D », contrairement à d’autres solutions qui se limitent à mesurer les points de pression sous le pied.

D’autres usages sont d’ores et déjà envisagés pour ces chaussettes connectées, par exemple pour les sportifs qui souhaitent analyser leur foulée et le positionnement de leurs pieds lorsqu’ils courent. Un brevet a été déposé, mais la commercialisation n’est cependant pas encore pour tout de suite, même s’il a déjà été annoncé que le prix ne devrait pas dépasser 250 euros. Des tests sont encore en cours – notamment pour évaluer la résistance au lavage du textile et de ses capteurs intégrés. Un prototype sera présenté à l’occasion du salon SENSOR+TEST, qui se déroule à Nuremberg en Allemagne du 19 au 21 mai 2015.

D’autres dispositifs de santé connectée sont en cours de développement

Plusieurs autres projets tentent de répondre aujourd’hui aux mêmes enjeux :

  • FeetMe, des semelles équipées de capteurs de pression pour la prévention des ulcères chez les patients atteints de neuropathie, qui analysent la pression plantaire et préviennent le patient en cas de mesure anormale (commercialisation prévue pour septembre 2015) ;
  • Des chaussures thérapeutiques connectées, développées par des chercheurs du Laboratoire d’Actionneurs Intégrés (LAI) de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en collaboration avec les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), qui devraient être capables non seulement de détecter les zones de pression trop élevées, mais aussi de changer automatiquement de forme, pour éviter la formation de blessures.

Sources: AFD, Fraunhofer, EPFL

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