Connect’inh : inhalateur connecté et open data pour accompagner les patients asthmatiques

Le festival du numérique Futur-en-Seine, qui s’est déroulé du 11 au 21 juin cette année, faisait la part belle à la santé digitale dans son Village des innovations. Parmi les startups présentes, Kappa Santé, venu présenter son dernier projet de R&D, Connect’inh, un dispositif connecté à destination des patients asthmatiques.

Rencontre avec Redhouane Abdellaoui, Data Scientist dans cette société spécialisée en pharmaco-épidémiologie et en interventions en santé publique et numérique.

Pourriez-vous nous présenter Connect’inh ?

Connect’inh, c’est d’abord un boitier que l’on fixe à un inhalateur pour en faire un inhalateur connecté. L’intérieur est en matière souple, ce qui permet d’épouser la forme de n’importe quel type d’aérosol doseur. Une fois le boitier fixé, il enregistre les données de déclenchement à chaque fois que l’inhalateur est utilisé, ainsi que des informations contextuelles comme la géolocalisation, la date ou l’heure.

Le boitier contient un GPS intégré et un petit module de mémoire permettant de ne pas être dépendant du smartphone et d’éviter tout risque de perte de données : quand l’inhalateur est déclenché, la donnée de localisation est enregistrée. Si le téléphone est hors de portée, elle reste en mémoire et sera synchronisée une fois que la relation est rétablie.

Le boitier fonctionne en combinaison avec une application smartphone, qui va recueillir les données envoyées en bluetooth et les transmettre à une base de données via le réseau cellulaire ou le wi-fi. Un site web est également disponible, qui permet d’avoir accès à des informations complémentaires sur l’asthme.

Quels sont les services proposés par ce dispositif connecté et son application ?

Connect’inh permet de suivre les données de prise du traitement et de les croiser avec des informations sur la pollution et les allergènes, que l’on va chercher dans des bases de l’open data, comme AirParif pour la pollution et RNSA pour les pollens. On sait en effet que ces deux éléments jouent un rôle important dans le déclenchement des crises d’asthme, mais on ne sait pas exactement comment. L’utilisation généralisée d’inhalateurs connectés pourrait permettre d’avancer sur la recherche de ce lien.

Le site web et l’application restituent ensuite les données sous la forme de cartes et de rapports de suivi, avec des filtres permettant d’accéder à différents niveaux d’information.

Les rapports de suivi permettent d’afficher le nombre de déclenchements enregistrés, avec une distinction entre traitement de fond et traitement de crise, et de suivre l’observance.

Les cartes permettent de visualiser les zones où l’utilisateur a déclenché son inhalateur, ainsi que les déclenchements de tous les autres utilisateurs, anonymisés, ce qui apporte une dimension communautaire au dispositif. Elles permettent également d’accéder aux données de pollution et de pollens, avec une échelle d’évaluation. Un petit tutoriel est disponible pour apprendre à interpréter et évaluer les taux de polluants en fonction de son propre asthme. L’idée est d’accompagner le patient et de lui donner les clés pour mieux comprendre sa maladie.

En superposant les données de déclenchement et les bases de l’open data sur les pollens et la pollution, l’idée est d’aider les utilisateurs à comprendre l’influence de ces différents éléments dans le déclenchement de leur crise d’asthme. Quand on clique sur la carte sur un déclenchement donné, on accède aux taux de pollens et de polluants qui étaient enregistrés à cet instant dans cette zone. Si l’utilisation d’un tel boitier se développait, on pourrait disposer d’un grand volume de données qui permettrait peut-être d’établir des corrélations entre polluants, allergènes et déclenchement de crises d’asthme.

Nous avons également introduit la notion de « zone d’inconfort respiratoire » (ZIR), une zone dans laquelle le patient se sent agressé d’un point de vue respiratoire, mais sans aller jusqu’à la crise nécessitant de prendre son traitement. L’utilisateur peut notifier cette zone sur l’application et retrouver sur la carte ses propres ZIR, ainsi que celles enregistrées par toute la communauté. Une telle information peut aider les patients à éviter des zones présentant un risque accru de déclenchement de crises et aller jusqu’à orienter l’utilisateur dans le choix des lieux pour faire une promenade, par exemple.

Le site web contient en plus des informations sur l’asthme et ses déclencheurs, ainsi qu’un forum de discussion ouvert aux patients asthmatiques. Les utilisateurs peuvent également y renseigner leur ACQ, un questionnaire d’évaluation de l’asthme à remplir chaque semaine pour un meilleur suivi. Il est également possible, si le patient le souhaite, de générer un rapport pdf pour le transmettre à son pneumologue ou au médecin traitant.

Où en est le projet aujourd’hui, et quelles sont vos perspectives de développement ?

Notre projet a reçu le soutien financier de la région Île-de-France. Nous avons aujourd’hui un prototype, imprimé en 3D, et nous sommes à la recherche de partenariats pour pousser le projet plus loin et réaliser une réelle étude épidémiologique. Idéalement, nous souhaiterions que ce dispositif soit donné au patient pour accompagner son traitement. La diffusion d’un tel dispositif pourrait aider les chercheurs à mieux comprendre le lien entre polluants, allergènes et asthme, et pourrait aider le patient dans la gestion de sa maladie au quotidien.

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One comment

  1. Voilà une méthode intéressante pour prévenir des crises d’asthmes. Cependant, il est aussi pratique de proposer une formation adaptée pour les patients, sur l’usage de ce concept.

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