Pfizer et IBM s’associent pour développer des solutions de santé connectée

Le laboratoire pharmaceutique Pfizer et le géant de l’informatique IBM vont collaborer pour développer des solutions de télésurveillance à destination des patients atteints de la maladie de Parkinson. Le dispositif s’appuiera sur l’utilisation combinée de capteurs, de terminaux mobiles et d’algorithmes, et permettra de mesurer en temps réel et en continu différents paramètres liés à la l’état de santé et à la qualité de vie des patients. L’objectif est double : tenter de mieux comprendre la maladie afin de favoriser la recherche de nouvelles thérapies, et améliorer la prise en charge des patients en personnalisant davantage leur traitement.

Des capteurs connectés pour suivre l’état de santé des patients

Le format définitif de la solution n’est pas encore arrêté, mais le dispositif devrait comprendre à la fois des capteurs portés par les patients ainsi que des capteurs placés dans leur environnement proche. Ces différents éléments mesureront des données relatives à l’état de santé du patient, à son activité et à la façon dont il interagit avec son environnement. Les paramètres mesurés porteront notamment sur la fonction motrice, la dyskinésie, les troubles de la cognition, le sommeil et les activités quotidiennes comme la toilette ou l’alimentation.

Partenariat Pfizer-IBM pour des solutions de santé connectée à destination des patients atteints de la maladie de Parkinson
Photo Credit: Courtesy Jon Simon/Feature Photo Service for IBM

L’objectif est de récolter des données afin de mieux comprendre la progression de la maladie, de quantifier les symptômes et d’étudier la façon dont le patient répond au traitement en vie réelle. IBM va ainsi développer des algorithmes de machine learning pour analyser ces données et en tirer des enseignements en matière de diagnostic et de traitement de la maladie de Parkinson. Les deux géants espèrent, avec ce projet, accélérer le développement de nouvelles thérapies et améliorer la prise en charge des patients, notamment via une personnalisation plus poussée du traitement.

Le système en cours de développement sera dans un premier temps testé dans le cadre d’essais cliniques, afin d’être validé et d’obtenir les autorisations nécessaires à sa commercialisation. Ces essais devraient durer de deux à trois ans et inclure jusqu’à 200 participants, répartis en un groupe contrôle et un groupe de patients sous traitement. Pour mener à bien ces recherches, IBM est en train de convertir une partie d’un bâtiment de son campus de Yorktown Heights, aux Etats-Unis, en « living lab » pour reproduire l’environnement quotidien d’un patient. Pfizer installerait de son côté un laboratoire similaire. Les participants au pilote habiteraient tour à tour pour une période donnée dans ces locaux bardés de capteurs.

Si le dispositif s’avérait concluant, il pourrait être étendu à d’autres troubles neurologiques comme la maladie d’Alzheimer et l’épilepsie.

Le digital, un potentiel encore sous-exploité dans la gestion des maladies

L’un des avantages qu’apportent les capteurs connectés est de permettre la collecte de données en temps réel, en continu et dans des conditions de vie réelle. Une révolution potentielle pour la gestion de maladies dont les symptômes varient fréquemment et pour lesquelles les patients ne voient un professionnel de santé qu’épisodiquement. En combinant des capteurs placés sur le patient avec des capteurs intégrés dans leur environnement quotidien, on peut obtenir un tableau relativement complet de leurs symptômes, explique Ajay Royyuru, qui dirige le département de recherche des sciences de la vie au sein d’IBM.

L’un des enjeux, pour maximiser l’adoption du dispositif final, sera de développer une solution facile d’utilisation et la moins invasive possible afin de s’insérer au mieux dans la vie quotidienne des patients. Un comité consultatif va par ailleurs être mis en place, incluant notamment des associations de patients, des médecins et des chercheurs en neurosciences, pour émettre des recommandations concernant l’utilisation de ces nouveaux dispositifs, la gestion des données récoltées, les protocoles de recherche et s’assurer que les besoins des patients sont bien pris en compte.

Big pharma et big tech, des alliances qui se multiplient

Avec ce partenariat, IBM consolide sa présence dans le secteur des sciences de la vie, après avoir lancé l’année dernière Watson Health et noué déjà plusieurs partenariats avec de grands noms du secteur de la santé. Un exemple supplémentaire d’une alliance entre pharma et tech, dans laquelle Pfizer amène son expertise scientifique, médicale et réglementaire et IBM sa capacité de traitement et d’analyse de données complexes selon Mikael Dolsten, Président de Pfizer Worldwide R&D.

Vidéo de présentation (en anglais) :

Source : IBM

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