Observatoire des projets Google dans la santé

Page de l’observatoire santé consacré à : Google
Dernière mise à jour des projets Google dans la santé : 15 avril 2016

Ecosystème des filiales de Google - Alphabet

Récapitulatif des différentes filiales de Google - Alphabet
Google : filiale consacrée aux activités historiques de Google autour du web (moteur de recherche, YouTube, Android, …)
Google X : laboratoire de recherche consacré aux innovations de rupture (dont les voitures autonomes)
Calico : filiale de biotechnologie consacrée à la lutte contre le vieillissement
Verily : filiale consacrée aux projets dans le domaine de la santé et de la recherche médicale
DeepMind : filiale spécialisée dans l’intelligence artificielle
Sidewalk Labs : filiale consacrée à l’amélioration de la vie urbaine
Access and Energy : filiale consacrée au déploiement des réseaux (intégrant notamment le projet Google Fiber de déploiement de la fibre optique)
Nest : filiale consacrée à la domotique (avec notamment les thermostats connectés de Nest Labs)
GV : fonds de placement investissant dans les jeunes startups spécialisées dans les nouvelles technologies
Google Capital : fonds de placement consacré aux entreprises en phase de croissance

Calico : des projets visant à repousser les limites de la longévité

Calico (CAlifornia LIfe COmpany), société de biotechnologie créée en septembre 2013. Dirigée par Arthur Levinson, elle a pour mission de mieux comprendre les mécanismes du vieillissement et d’explorer les pistes de traitement des maladies associées. L’objectif ? « Tuer la mort », selon la formule désormais bien connue, ou à défaut, proposer des solutions thérapeutiques pour repousser toujours plus loin les frontières de la longévité.

Les activités de cette filiales demeurent très discrètes et très peu d’informations sont disponibles. Parmi les initiatives connues :

  • Partenariat avec AncestryDNA (juillet 2015), entreprise spécialisée dans la généalogie génétique commercialisant des tests ADN, donnant à Calico l’accès aux données de ses clients pour analyser les liens entre génétique et longévité.
  • Partenariat avec le Buck Institute (avril 2015), institut spécialisé dans la recherche relative au vieillissement, pour en étudier les causes et identifier des pistes de traitement pour les maladies liées au vieillissement
  • Partenariat avec QB3 (mars 2015), un centre de recherche en biotechnologie rattaché à l’Université de Californie, afin de conduire des études sur les causes du vieillissement et identifier des pistes de traitement pour les maladies liées au vieillissement
  • Partenariat avec le Broad Institute (mars 2015), un institut spécialisé dans la recherche sur le vieillissement pour collaborer en matière de recherche sur la longévité et les maladies liées au vieillissement
  • Partenariat avec le laboratoire pharmaceutique AbbVie (septembre 2014), afin de développer et de commercialiser de nouvelles thérapies pour des patients souffrant de maladies liées au vieillissement, notamment la neurodégénérescence et le cancer
  • Partenariat avec l’UT Southwestern et 2M (septembre 2014), pour collaborer dans la recherche de traitements des maladies neurodégénératives liées au veillissement

Verily : des projets tournés vers la prévention et l’accompagnement du patient

Avec une équipe de plus de 300 chercheurs dirigée par Andrew Conrad, Verily œuvre à promouvoir une approche plus proactive de la santé, que ce soit en termes de prévention ou de suivi, notamment grâce à l’analyse de données, domaine de prédilection du géant américain. La filiale s’est alliée à d’autres acteurs autour de projets de recherche visant à mieux comprendre les maladies et développer des outils et services d’aide au diagnostic, à la prise en charge et à l’accompagnement du patient. Des projets tournant essentiellement autour des maladies chroniques, l’un des principaux enjeux de santé publique.

Parmi les principales annonces depuis un an, des partenariats avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques et fabricants de dispositifs médicaux :

  • Co-fondation de Verb Surgical avec Ethicon (Johnson & Johnson) (décembre 2015), pour le développement de robots chirurgicaux, dans le prolongement du partenariat annoncé en mars 2015
  • Partenariat avec l’American Heart Association (novembre 2015), pour un co-financement de recherches sur les causes des maladies cardio-vasculaires
  • Partenariat avec Sanofi (31 août 2015), pour développer des outils d’amélioration de la prise en charge et de la gestion du diabète (interface médecins pour un meilleur suivi, dispositifs miniaturisés à destination des patients, …)
  • Partenariat avec Dexcom (11 août 2015), autour de la fabrication de dispositifs connectés de suivi glycémique en continu, de la taille d’un pansement et à un coût réduit
  • Partenariat avec Ethicon, filiale du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson (mars 2015) pour le développement d’une plateforme de robots chirurgicaux
  • Partenariat avec Biogen (janvier 2015), autour de la sclérose en plaques, pour étudier les facteurs biologiques et environnementaux impliqués dans la progression de cette maladie neurodégénérative
  • Partenariat avec Alcon, la filiale consacrée à l’ophtalmologie du groupe Novartis (juillet 2014), pour le développement de lentilles de contact connectées, dotées de capteurs miniatures permettant de mesurer en continu la glycémie des patients diabétiques

D’autres projets annoncés émanent plus particulièrement des équipes de Verily, qui a recruté de nombreux experts et chercheurs de renommée internationale pour mener à bien ses travaux :

  • Tracker médical (juin 2015) : Développement d’un tracker médical à destination des chercheurs et professionnels de santé, pour un suivi à distance des patients ou dans le cadre d’essais cliniques. Ce tracker permettra de mesurer en continu des données telles que la fréquence cardiaque, le niveau d’activité et la température de la peau, ainsi que des données environnementales complémentaires comme l’exposition à la lumière et au bruit.
  • « The Nanoparticle Platform » et son « bracelet » associé (octobre 2014 et mars 2015) : Elaboration d’une pilule composée de nanoparticules magnétiques qui, une fois ingérées, circuleraient dans le sang. Elles seraient capables de détecter les éléments potentiellement néfastes pour la santé et d’aller se fixer sur eux. Etant magnétiques, ces nanoparticules pourraient ensuite être rassemblées en un même endroit grâce à un dispositif électronique qui les attirerait pour analyser les informations collectées. En mars 2015, Life Sciences dépose un brevet décrivant un bracelet qui serait ainsi capable d’identifier, puis de détruire certaines cellules – par exemple cancéreuses – à travers la peau.
  • Baseline Study (juillet 2014) : Etude dont l’objectif est de déterminer le « profil type » d’un corps humain en bonne santé, en collectant des données génétiques et physiologiques de milliers de volontaires. L’ambition est de pouvoir étudier les moindres variations pouvant être associées à des risques de maladies, pour tenter de mieux les comprendre et d’apprendre à les détecter plus tôt. Le tracker médical de Google pourrait être utilisé dans le cadre de cette étude pour suivre les volontaires.
  • Liftware : Gamme de couverts connectés développés par la startup LiftLabs, rachetée en 2014 par Google. Ils permettent de minimiser les tremblements des personnes atteintes de la maladie de Parkinson lors des repas.

Google X, un laboratoire de recherche consacré aux technologies de rupture

Google X est un laboratoire de recherche dont les équipes travaillent sur les innovations de rupture et dont la plupart des projets sont maintenus secrets. Il est dirigé par le scientifique Astro Teller – Sergueï Brin, l’un des co-fondateurs de Google, en assurant l’orientation stratégique. Google X est notamment à l’origine des travaux sur les voitures autonomes.

  • Projet Aura : les Google Glass, si elles n’ont pas eu le succès public escompté, pourraient trouver une seconde vie dans des applications professionnelles plus spécialisées, notamment au service de la chirurgie. Une opération a ainsi été filmée en direct le 14 avril 2016 via des Google Glass portées par le chirurgien et retransmise dans le monde entier via une application
  • Projet Wing : Projet de Google de développement de drones pour la livraison de colis, qui pourrait par exemple servir pour la livraison de médicaments ou de matériel de secours (un premier test de  livraison incluant des médicaments avait été réalisé en août 2014 en Australie)

Google : des projets pour améliorer l’information santé

Plus proche de son métier de base, Google développe plusieurs services liés à la santé autour de ses activités de moteur de recherche, de système d’exploitation mobile et de plateforme de cloud computing :

  • Knowledge Graph santé (février 2015) : Affichage d’informations santé « validées » dans l’espace Knowledge Graph (en haut à droite) des pages de résultats lorsqu’un utilisateur effectue une requête liée à la santé. Google s’est entouré d’une équipe de médecins pour compiler l’information issue de différentes sources du web et s’est associé notamment à la Mayo Clinic pour valider la qualité et la fiabilité de l’information ainsi remontée (illustrations, traitements, degré de contagiosité, etc.). Déjà disponible aux Etats-Unis, ce service devrait être étendu à d’autres pays par la suite.
  • La consultation médicale par visioconférence (octobre 2014) : Nouvelle fonctionnalité intégrée au moteur de recherche visant à proposer aux internautes effectuant des recherches liées à la santé (par exemple concernant des symptômes) d’entrer en contact avec un médecin par tchat vidéo similaire au service offert par Google Hangouts. En test aux Etats-Unis (confirmé par Google mais pas d’annonce officielle).
  • Google Fit (octobre 2014) : Plateforme permettant aux utilisateurs de centraliser via des API les données santé, sport et fitness issues de différents capteurs connectés ou d’applications afin de suivre leurs paramètres et activité physique dans une seule et même interface (disponible sur ordinateur, mobiles et appareils Android Wear).
  • Google Genomics : Google propose aux chercheurs d’utiliser sa plateforme cloud et son API Google Genomics pour mettre en ligne, stocker, analyser et partager des millions de génomes. L’objectif : explorer et comparer des variations génétiques pour identifier les gènes en cause dans certaines maladies. Plusieurs partenariats avec des instituts de recherche ont déjà été noués, notamment avec le Broad institute of biomedical and genomic research.

GV : un fonds de placement faisant la part belle aux startups santé

Lancé en 2009 aux Etats-Unis, le fonds d’investissement GV (anciennement Google Ventures) dirigé par Bill Maris gérait en 2015 plus de 2 milliards de dollars d’actifs avec des participations dans plus de 300 startups.

Plus d’une vingtaine de sociétés sont directement liées à la santé, et reflètent les centres d’intérêt de Google :

  • Alector (thérapies pour les maladies neuro-dégénératives)
  • Zephyr Health (analyse de données pour la vente & marketing pharma)
  • Spruce (service de téléconsultation dermatologique)
  • Cambridge epigenetix (solutions épigénétiques)
  • Compass Therapeutics (recherche sur les anticorps humains)
  • TinyRx (livraison de médicaments à domicile)
  • Rise (application de coaching nutritionnel)
  • PatientPing (aide à la coordination des soins)
  • Oration (application pour optimiser l’achat de médicaments)
  • Grail (dépistage précoce du cancer par test sanguin)
  • ClassPass (programmes d’accès à des salles de fitness)
  • Armo Biosciences (immunothérapie pour le traitement du cancer)
  • 23andme (tests ADN)
  • Flatiron Health (collecte de données oncologiques)
  • Collective Health (assurance santé)
  • DNAnexus (stockage, analyse et partage de données génétiques)
  • Foundation Medicine (profilage génomique des cancers)
  • iPierian (traitements par thérapie cellulaire pour les maladies neurodégénératives)
  • FitStar (applications de fitness)
  • Editas Medicine (mécanismes de réécriture de l’ADN)
  • Adimab (recherche sur les anticorps humains)
  • SynapDx (test sanguin pour la détection précoce de l’autisme)
  • Predilytics (analyse prédictive)
  • One Medical Group (cabinet médical 3.0)
  • Doctor on Demand (téléconsultations)
  • Rani Therapeutics (administration de médicaments)
  • Transcriptic (location de robots de laboratoire à la demande)

Google Capital : un fonds de placement pour les sociétés plus matures

Lancé en 2013, Google Capital est un fonds de placement focalisé sur les entreprises en phase de croissance et pouvant offrir un retour sur investissement plus rapide.

Oscar Health : Google Capital a investi en septembre 2015 32,5 millions de dollars dans la startup de l’assurance santé Oscar Health, qui s’est notamment fait connaître aux Etats-Unis en offrant à ses adhérents des bracelets connectés et en les rémunérant s’ils atteignaient leur objectif d’activité physique.

D’autres brevets d’Alphabet en matière de santé et médecine

  • Solutions de prélèvement sanguin sans aiguille (publié en décembre 2015, dépôt en mai 2014) brevet pour une méthode de prélèvement de micro quantités de sang sans avoir à recourir à une aiguille. La solution décrite permettrait d’aspirer de manière indolore le sang à travers la peau via l’utilisation d’une capsule sous pression. Elle prendrait la forme d’un petit dispositif autonome, ou serait intégrée dans un dispositif à porter autour du poignet, semblable à une montre connectée.
  • Electrocardiographe pour vêtements (publié en janvier 2016, dépôt en juillet 2014) : dispositif ayant vocation à être intégré aux vêtements de l’utilisateur (via le positionnement d’électrodes à différents endroits du corps) permettant d’obtenir un électrocardiogramme, au quotidien ou lors de la pratique de certaines activités physiques, les résultants pouvant être envoyés dasn le cloud

Cimetière des projets Google dans la santé

  • Google Flu Trends : site désormais fermé au grand public. En cause : les surestimations quasi-systématiques de ce service, censé prévoir les épidémies de grippe grâce à l’analyse des requêtes des internautes. Google continuera cependant de collecter les données, mais les transmettra directement aux centres de recherche partenaires.
  • Google Health, service de centralisation des données santé lancé en 2008, a été fermé en 2012. Trop en avance sur son temps ? A moins que les internautes n’aient pas reconnu en Google la légitimité suffisante pour qu’ils lui confient leurs données de santé.

 

(Retrouvez ma tribune de septembre 2015 sur le site du Club Digital Santé.)

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